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Le Paradis déserté C’est aujourd’hui 17 11 2004 que s’est tenue la première séance plénière du parlement dans sa nouvelle composition issue du scrutin du 24 /10. Il sera toujours réduit à la seule chambre des députés selon l’article 5 de l’amendement de la constitution du 1er juin 2002 « La chambre des députés exerce seule ses prérogatives législatives, jusqu’à la constitution de la Chambre des conseillers et l’adoption de son règlement intérieur…». Le régime particulier de désignation de ses membres (art 19 de la constitution) fait qu’elle n’entre pas dans les élections législatives ordinaires qui viennent de se dérouler. Les débats des derniers mois autours des dernièrs élections ont démontré les limites de cette institution et le caractère formel qu’elle a revêtu depuis son instauration. Le dernier amendement constitutionnel qui a concerné 13 des 18 articles qui lui sont réservés dans la constitution avait déjà réduit substantiellement ses prérogatives et sa marge d’action. La chambre des députés loin de ressembler au Barlaman tounsi dont rêvaient les patriotes tunisiens du siècle dernier ne détient plus le pouvoir législatif en exclusivité. Partagé dorénavant avec le président de la république (art 32) et une autre instance dont les membres sont pratiquement désignés appelée « Chambre de conseillers ». Cet état de fait n’est aujourd’hui que la démonstration de l’échec de la république de l’indépendance dans la réalisation de la proclamation solennelle contenue dans la préambule de sa constitution et qui promet : « d'instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basé sur la séparation des pouvoirs. » cette souveraineté du peuple que l’art 18 définit dans l’exercice du pouvoir législatif par le peuple « Le peuple exerce le pouvoir législatif par l'intermédiaire de la Chambre des députés » dont « Les membres … sont élus au suffrage universel, libre, direct et secret.. » n’est qu’un des aspects qui reflètent la contradiction entre les textes et la réalité. Le lieu de débat national sur toutes les questions d’intérêt commun qu’un parlement est normalement destiner à remplir la fonction n’a pas été pris en considération dans l’esprit de tout ceux qui ont détenu le pouvoir réel en Tunisie jusqu'à présent et les derniers résultats ne font que conforter l’idée que l’unanimisme de parti unique et l’esprit de clan continue de l’emporter. Face à cet échec de pouvoir motiver les réformes du pouvoir dans le sens de la prise en considération de la diversité que constitue notre société pour refléter son pluralisme et ses différents courants politiques et de penser présent en son sein le constat ne peut qu’être réduit à relever les différents subterfuges dilatoire et stratégies mesquines auxquelles le pouvoir fait recours pour empêcher cette fatale échéance de se réaliser tout en cherchant à faire semblant de préparer le pays dans sa direction. Ce temps précieux qu’on retient abusivement pour empêcher le destin de tout un pays de se réaliser à quel prix il nous est volé de nos vies ? Le premier constat que les observateurs n’ont pas manqué de relever constitue la forte proportion de rénovation dans la formation de la nouvelle chambre de députés qui a atteint les deux tiers des députés. Ce résultat qui n’a pas empêché certains députés d’être reconduit pour la troisième et le quatrième mandat constitutif, relève-il d’un bouleversement des équilibres au sein de l’RCD et de la montée d’une nouvelle aile opposée à celle qui le dominait avant ? En réalité ce phénomène ne reflète en rien le résultat d’une dynamique interne au sein du parti mais le poids grandissant du sommet de l’hiérarchie dans la désignation de ses inconditionnels qui sont affectés au parlement. Le second constat concerne l’augmentation du cota de l’élément féminin parmi les députés. La proportion exagérée de 25% , représentant 43 femme députés sur les 189, qui vient d’être atteint et qui constitue l’une des plus forte proportion du monde actuellement en dit long sur le statut de cette institution marginalisée qui procure une confortable situation bien rémunérer sans véritables attributions. Le troisième constat que révèle ces résultats est la volonté d’exclusion total de toute résonance de contestation en son sein par l’éviction de l’opposition réelle au profit de formations aux ordre et l’intolérance face à tout écart d’un code de conduite préétablit qui trace le rôle de l’opposition et les limites qu’elle doit respecter pour être incluse dans la répartition des postes honorifique à pourvoir dans les différents appareils de l’état. C’est un faux de qualité extrêmement soigné qu’on cherche à présenter au monde entier du fameux modèle Tunisien ou le plus important est de réussir à attirer l’attention pour regarder du bon coté qu’on prépare à l’exposition Ce même constat peut être aussi relevé dans le dernier remaniement du gouvernement qui à complètement chambarder la précédente formation comme si le pouvoir avait changé de main. Le message est clair et sans équivoque. Adressé plutôt aux rescapés avant de laisser méditer ceux qui attendent sur le palier, personne n’est plus indispensable, les alliers les plus impliqués et les plus inconditionnels auront dorénavant la priorité. Le pouvoir a besoin d’hommes d’action plus qu’il n’en à besoin de ceux qui se posent des questions. Nous nous trouvons en face d’un tournant symptomatique d’une crise de pouvoir qui ne dit pas son nom ou l’autorité est en train de pousser sa dérive sectaire à son apogée. Avec sa conception politique fondée sur cette dualité primaire qui perçoit les adversaires en ennemis et qui ne veux plus compter que sur ceux qui lui sont entièrement acquis. Les signes trompeurs dont elle maîtrise bien la confection n’ont rien à voir avec une quelconque ouverture vers des éléments indépendants, ou une orientation vers la séparation entre le parti et l’administration et il n’est nullement question d’ouverture de l’espace public à l’opposition. Trompée par les chiffres qu’elle a elle-même dictées elle semble croire en une légitimité de fait capable de venir à bout de toute volonté d’un véritable changement. Le discours d’investiture d’aujourd’hui ne laisse aucun doute sur son plan d’action. La guerre d’usure qui semble s’engager pour la nouveau mandat vise essentiellement à laminer ce qui reste de crédibilité à une réelle opposition. Faisant fi des considérations sociologiques culturelles et politiques au profit d’un prétendu succès économique et les promesses d’une prospérité annoncée. Cette vision révèle une conception du pouvoir qui ne voit dans la politique qu’un handicap à l’action et des entraves de contestations à la réalisation des plans préétablies d’une élite qui se voit promue d’une vocation propre à gouverner et qui se croit dépositaire unique d’une mission de sauvegarde de la patrie. Le syndrome du Zaiim dont certains parlaient semble le plus approprié à ce qui est en train de se passer. La théorie Lee au nom du fameux premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew semble trouver de fervents adeptes attardés au pouvoir en Tunisie De plus en plus le RCD lui-même donne des signes de fléchissement sous les coups de boutoir du gonflement de la personnalité du président dont il a été l’artisan à son détriment. S’identifiant d’avantage à un appareil de propagande et de délation auxiliaire de l’autorité sécuritaire, ses militants de base sont essentiellement perçus comme des profiteurs véreux de leur alliance avec le pouvoir. Cette image dégradante qui lui a collé est en train de le dégrader en simples exécuteurs des taches les moins avouables et les plus douteuses. C’est à partir de cette conception de partisan que le pourrissement moral a atteint toutes les administrations avant d’atteindre les institutions de l’état les vidant de l’essence de leur mission. Justifier l’injustifiable, occulter les vérités, fausser les données, contrôler, censurer, enfreindre aux règlements pour servir les parvenues, instaurer les passes droits pour accéder au services public et verrouiller tout moyen d’accès aux services publics ordinaires dans la transparence et la clarté aux commun des citoyens, tel est maintenat le résultat inavouée de déperdition de l’état qui cherche un homme hors du commun « un Zaim » pour le sauver. Nous somme aujourd’hui dans une société ou le doute et la peur se sont définitivement installés : le pouvoir et ses inconditionnels mercenaires d’un coté et la majorité pacifié dans la peur d’être pris à partis dans le déchaînement de la vendetta réserver à tous ceux qui ont étés désigner en adversaires scrutant l’espoir d’une relative prospérité sans dignité comme l’a magistralement exprimé le docteur Mohamed Talbi. Alors qu’une infime minorité d’exilés intérieurs s’exposait en ordre dispersé en exemple du sort à éviter a tous ceux qui peuvent être tentés de s’engager dans la lutte pour délivrer leur pays de cette calamité. J’avais dans mon esprit une idée que je voulais développer et que le texte n’a pas réussi a rendre compte avec la clarté nécessaire pour être saisi sans équivoque ni sous entendu. Elle se résume en réalité dans cette question : à quoi sert de se lamenter et tous ces ingéniosités qu’on prend inutilement à développer un discours qui cherche à éviter de poser clairement la seule et l’unique question qu’il s’agit de trancher : « Est-ce qu’il est du ressort des policiers de nous gouverner et à quoi sert des combats de diversion contre de faux pions alors que toute la question se résume dans la restitution du pouvoir à la société. » Pas de bonne économie sans vraie démocratie par Amartya Sen http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/ses/vie-ses/hodebas/Sen.htm